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Multimédia et musées
1. Introduction
Au début des années 1990, des mots comme cyberespace,
Internet, monde virtuel, commerce électronique
et téléprésence étaient encore
inconnus du grand public. Aujourd'hui, il n'est pas
rare de trouver, dans le sac d'école des enfants, des
ordinateurs portables, des téléphones cellulaires
ou encore des consoles de jeu. À la maison, Internet concurrence
sérieusement la télévision et on a peine à
imaginer comment on arrivait à se débrouiller avant
l'invention du courrier électronique. L'interactivité
rendue possible par les nouvelles technologies a transformé
notre quotidien.
Selon le sociologue Bernard Cathelat (1998), l'interactivité
n'est pas seulement une évolution technologique, c'est
un séisme socioculturel. Elle permet de passer d'une
communication de masse à une communication de personne à
personne. Cette évolution engendre des changements draconiens
dans la manière d'informer et de communiquer, de jouer
et d'apprendre, de faire ses achats, d'organiser son
travail et de regarder la télévision. La présence
de plus en plus importante de l'interactivité dans
notre quotidien transforme notre mode de vie, et particulièrement,
celui des jeunes.
La transformation du mode de vie des individus force un bon nombre
d'organisations à réviser leur façon
de communiquer avec leurs publics. Au Québec, plusieurs de
ces organisations ont emboîté le pas rapidement mais
une partie d'entre elles tardent toujours à s'adapter
aux attentes de plus en plus individuelles des citoyens. D'un
côté, le monde du travail, les écoles et les
gouvernements semblent démontrer la volonté d'adapter
leurs stratégies de communication qui sont de plus en plus
interactives. De l'autre, certaines institutions comme les
musées semblent toujours privilégier des moyens de
communication conventionnels. Cet écart rappel le fossé
numérique qui se creuse entre les sociétés
industrialisées et les pays du tiers-monde. Ce fossé
qui préoccupe tant d'éminents spécialistes
peut-il être observé, à plus petite échelle,
entre des sphères d'activités d'une même
société ?
Depuis quelques années, on peut observer un plafonnement,
voire une baisse importante de la fréquentation des musées
québécois. Les grands musées sont particulièrement
touchés par cette situation. Dans le présent essai,
l'absence d'interactivité et de contenus multimédias
dans l'expérience de visite des musées est au
cœur du questionnement. La visite conventionnelle offerte,
qui consiste généralement à venir voir des
artefacts, des décors, et des panneaux de textes dans une
attitude de contemplation, est-elle toujours valable dans le contexte
que l'on vient de décrire ? L'interactivité
et les moyens multimédias peuvent-ils avoir un effet significatif
sur le taux de fréquentation, particulièrement celui
des jeunes ?
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